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[réponse] par Gabriel Dubois (2009-01-20 18:39:43) Imprimer

En effet, vos premières questions sont éminemment politiques, et il m’est difficile d’y répondre. Je peux juste vous dire que l’enseignement de l’histoire nous montre l’imprévisibilité, la versatilité des hommes, parfois contre toute logique, et que donc, pour peu que l’on s’en donne les moyens, tout est possible, tout est envisageable. Mais quant à répondre spécifiquement à votre question, je crois que je sortirais de mon rôle d’historien et surtout, en viendrait à jouer les diseuses de bonne aventure, quelles que soient mes sympathies personnelles.

Pour répondre, en revanche, à votre dernière question, du point de vue historique, il apparaît que ce furent toujours les institutions qui se révélèrent meilleures que les monarques.

En effet, on remarquera, dans la politique de la France, une authentique continuité de vues, d’œuvres entreprises, mais également une sorte d’égale tempérance de la politique, avec, bien évidemment des nuances parfois lourdes, selon les moments de crise ou de calme, et ce durant toute la période royale.

Cette permanence ne peut s’expliquer par le fait des souverains. En effet, l’étude de leurs règnes nous montre de telles différences de personnalité, qu’une telle continuité fondée uniquement sur leurs êtres propres semble absurde.

Alors, il faut tenter de voir où se niche l’origine de cette formidable permanence historique. Il semble que ce soit très clairement dans l’institution. On peut dire que l’institution politique, de par sa forme, oriente, avec plus ou moins de force, l’action des dirigeants, leurs volontés. La continuité institutionnelle de la royauté capétienne, que l’on pourrait qualifier à la fois de juridique et organique, explique pour une bonne part la continuité des politiques royales.

Ainsi, c’est véritablement, toujours, l’institution qui a primé sur les hommes, les principes sur les princes.

Et si l’on souhaite juger positivement la période capétienne, il conviendra de juger positivement d’abord l’institution, et ensuite seulement les princes, en dépit de tout l’intérêt que l’on peut leur porter.

A ce titre, et pour clore ma réponse, une telle continuité, fondée principalement sur l’ordre de lois dépassant la volonté des hommes fait de la royauté capétienne, contrairement aux apparences, la forme de gouvernement la moins césariste qui soit.
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images/icones/hein.gif France monarchique par Thomas (2009-01-19 16:42:43)
     images/icones/neutre.gif [réponse] par Gabriel Dubois (2009-01-20 18:39:43)



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