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[réponse] par abbé Vincent Ribeton (2006-11-13 18:58:42) Imprimer

Je vous remercie de me poser cette question qui est l’occasion d’une clarification. Je ne crois pas qu’un durcissement soit en cours dans la Fraternité St-Pierre, bien au contraire. La Fraternité a aujourd’hui dix-huit ans. L’âge de la majorité, ont remarqué certains. Et l’âge aussi d’une certaine maturité, où l’on doit être capable d’affirmer sereinement, sans complexe infantile, et sans agressivité juvénile, son identité, l’orientation profonde de son existence … Voyez-vous, la Fraternité a grandit très vite, et peut-être a-t-elle parfois un peu ressemblé à une « auberge espagnole » … Certains cherchaient d’abord en elle un moyen de retrouver une pleine communion ecclésiale, mais n’étaient pas si attachés que cela à la vie commune ou à l’application des constitutions ; d’autres parfois faisaient un choix simplement par défaut, par déception de la formation donnée dans les diocèses, mais est-ce suffisant pour nourrir l’attachement durable à une société de vie apostolique ; certains sont nés dans des familles où ils ont toujours connu la discipline liturgique traditionnelle, d’autres l’ont découverte à l’occasion d’une retraite, d’un pèlerinage …mais viennent du monde diocésain et ne connaissaient d’abord que le nouvel ordo. Paradoxalement, on voit parfois chez des catholiques issus des « chapelles tradi » un étonnant complexe à l’égard des autres formes de la vie dans l’Eglise, et des remises en cause à n’en plus finir. Inversement, on voit chez des catholiques issus de la pratique habituelle dans les paroisses aujourd’hui, un désir de découverte des racines et de l’histoire qu’ils portent en eux sans bien les connaître. Cela crée des situations cocasses, où le « tradi » d’hier croise le paroissien « lambda » qui découvre les richesses du rite tridentin, tandis que son aîné dans ce domaine découvre, lui, que l’Eglise ne se résume pas aux communautés traditionnelles. Cette complexité de la situation des personnes a créé une certaine difficulté pour la Fraternité à trouver son point d’équilibre et à affirmer sa propre identité, ce qui justifie pleinement l’effort actuel des supérieurs et qui ne saurait être pris pour un « durcissement ». J’ajouterai à cela que si la Fraternité est née dans un certain contexte historique, notamment ce que beaucoup appellent « la crise de l’Eglise », son identité n’est pas épuisée par ce contexte, sans quoi elle devrait disparaître une fois les problèmes du temps surmontés. Les Jésuites ont été fondés au temps de la Contre-Réforme, face au protestantisme, mais il faut que cela ait un sens d’être jésuite au XVIIIème siècle, marqué par un autre contexte, ou encore aujourd’hui. L’identité d’une congrégation n’est pas réductible à un contexte historique. Il est donc important pour un institut quel qu’il soit, de bien réfléchir à son caractère propre et d’y être fidèle, car c’est cela qui fonde sa place dans l’Eglise, et l’accomplissement durable de sa vocation au-delà des vicissitudes du temps. La Fraternité St-Pierre, par son développement actuel dans un contexte qui n’est déjà plus tout à fait celui de 1988, affirme clairement qu’elle entend assumer toute sa place et tout ce qu’exige sa vocation propre dans l’Eglise.
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La discussion

images/icones/hein.gif Un durcissement à la Fraternité ? par XA (2006-11-13 18:52:15)
     images/icones/1b.gif [réponse] par abbé Vincent Ribeton (2006-11-13 18:58:42)
         images/icones/idee.gif Votre comparaison avec les Jésuites par Chouette (2006-11-13 19:06:10)
             images/icones/1v.gif Vous avez très bien compris par abbé Vincent Ribeton (2006-11-13 19:30:41)
                 images/icones/fleur.gif justement par Tolkien (2006-11-13 19:37:08)



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