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suite de citations sur la partie et le tout par baudelairec2000 (2008-01-04 16:18:04) Imprimer

Saint Thomas dans la Secunda Secundae, question 64, article 2, à la question de savoir s'il est permis de tuer les hommes pécheurs, répond ainsi:

" Selon qu'il a été dit, il est permis de tuer les animaux sans raison, en tant qu'ils sont ordonnés naturellement à l'usage de l'homme, comme l'imparfait est ordonné au parfait. Or, toute partie est ordonnée au tout comme l'imparfait au parfait. Il s'ensuit que toute partie est naturellement dans le tout. Aussi bien voyons-nous que si le salut du corps humain dans son ensemble demande qu'un membre soit amputé, parce qu'il sera, par exemple, corrompu et de nature à corrompre les autres, c'est chose louable et salutaire qu'on le coupe. D'autre part, chaque personne particulière se compare à la communauté dans son ensemble comme la partie au tout. Il suit de là que si un homme est unpéril pour la communauté et de nature à la corrompre, en raison de quelque péché, il est louable et salutaire qu'il soit mis à mort, afin que le bien commun soit conservé (corps de l'article). "

Les principes importants:

- imperfectum ordinatur ad perfectum

- omnis pars ordinatur ad totum, sicut imperfectum ad perfectum

- persona singularis comparatur ad totam communitatem, sicut pars ad totum

Pas besoin de traduire, ni de commenter, tellement cela est clair. Un remarque cependant, l'auteur emploie la notion de "persona" accompagnée de l'adjectif "singularis", peut-être, certains, tentés par le personnalisme, voudront-ils trouver ici une justification à la distinction individu/personne: l'individu serait fait pour la société alors que la société serait ordonnée à la personne. Rien de tel ici, saint Thomas emploie indifféremment homo ou persona; rappelons que le terme de "persona" avant de devenir une réalité philosophique, suite bien sûr aux apports de la théologie, est un terme juridique. Et saint Thomas, dans cette question, dans le cadre envisagé, celui de la justice, utilise ce terme à bon escient.


Autre référence, IIa IIae, la question 65, article 1:

" Mutiler quelqu'un d'un membre peut-il en quelque cas être permis?"

Réponse de saint Thomas dans le corps de l'article:

" Le membre faisant partie du tout qu'est le corps humain, il est pour le tout, comme l'imparfait pour le parfait. Il suit qu'il faut disposer du membre du corps humain selon que le bien du tout le demande. D'autre part, le membre du corps huamin, des oi, est utile au bien de tout le corps; mais il peut arriver cependant d'une façon accidentelle, qu'il soit nuisible: tel, par exemple le membre gâté qui est de nature à gâter tout le coprs. Si donc le membre est sain et dans son état normal, il ne peut pas être enlevé sans que ce soit au préjudice de l'homme dans son ensemble. Mais, parce que l'homme lui-même dans sonensemble est ordonné commme à safin à l'ensemble de la communauté dont il constitue une partie, ainsi qu'il a été dit plus haut, il peut arriver que l'ablation d'un membre, bien qu'elle tourne au détriment du tout qu'est le corps, soit ordonnée cependant au bien de la communauté, en tant qu'elle se fait à titre de peine pour la répression des péchés. Et, de même que la puisance publique peut licitement priver quelqu'un totalement de la vie pour certaines fautes plus grandes, de même aussi elle peut priver d'un membre pour des fautes moins grandes. Mais ceci n'est point permis à une personne privée, quand bien même le sujet à qui appartient le membre le voudrait: car c'est une injure faite à la communauté à laquelle appartient l'homme et toutes ses parties. "

Un des principes développés dans la question précédente se trouve ainsi précisé:

" totus homo (et non plus persona) ordinatur ut ad finem ad totam communitatem cujus est pars. "

On comprendra aisément qu'en ce bas-monde la société est la fin de l'homme, sans perdre de vue, bien sûr, que la sphère du politique est subordonnée au spirituel.

Trois références bibliographiques indispensables pour en savoir plus sur cette délicate question du bien commun, mais question fondamentale du droit et de la philosophie politique:

- Louis LACHANCE, L'humanisme politique de saint Thomas d'Aquin, individu et Etat (Editions Sirey, 1964), une somme, tout hommme soucieux de se former dans se domaine ne peut faire l'économie de cet ouvrage.

- Charles de Koninck, De la primauté du bien commun contre les personnalistes, tiré à part de la Semaine Religieuse de Québec, 1942, ouvrage bien plus succinct que le précédent, mais l'auteur enfonce le clou là où ça fait mal.

- Arthur Utz, Ethique sociale, tome 1, Les principes de la doctrine sociale (Editions universitaires, Fribourg, 1960); un des intérêts de cet ouvrage, deux appendices comportant des citations de saint Thomas, l'un sur la nature sociale de l'homme, le second (343 citations) sur le bien commun.

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