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[réponse] par Anne Coffinier (2007-12-10 18:40:36) Imprimer


Il est certain que l’on peut « s’en sortir » dans le public...Comme on peut « s’en sortir » de partout… Mais cela suppose d’avoir une famille derrière qui donne la nourriture spirituelle et intellectuelle nécessaire à la croissance de l’enfant. Bref, on peut laisser son enfant dans le public si l’on reprend tout à la maison. Et l’expérience nous apprend que l’on ne peut pas en pratique –par manque de temps- faire suffisamment ce travail de reprise et de rectification.

Et puis, les enfants ont droit à autre chose, et nous, parents d’enfants baptisés, nous avons des devoirs à accomplir. A commencer par celui de donner une éducation catholique à ces enfants de Dieu.

Alors mettons nos enfants dans les écoles sous contrat, me direz-vous ?
Oui, mais dans celles qui sont de bonne qualité, et elles ne sont hélas pas si nombreuses. En témoignent les longues listes d’attente pour les quelques bons établissements. Y aura-t-il une place pour votre enfant ? Souvenons-nous qu’à la rentrée dernière, 30 000 enfants ont été refusés par manque de place.

Et puis, si ces établissements sous contrat tiennent la route d’un point de vue académique, est-il bien certain qu’ils remplissent pleinement leur mission d’ « école catholique » ?

Ce sont trop souvent des « machines à diplômes », qui perdent de vue bien souvent la finalité de l’éducation et même de l’instruction. Une école catholique, au sens plein du terme, est une école qui forme l’intégralité de la personne et non pas seulement l’intellect. Et même s’agissant de la formation de la raison, dans la mesure où l’école de la République souscrit aujourd’hui à un relativisme intellectuel (tout ce vaut, il n’y a pas de vérité), dans quelle mesure prépare-t-elle les enfants à la recherche de la Vérité, qui seule les rendra libres ?

Sur un autre aspect encore, voyons ce que nous dit le texte publié le 22 novembre dernier par la Congrégation pour l’éducation :

« le projet d’école catholique est convaincant seulement s’il est réalisé par des personnes (…) témoins d’une rencontre vivante avec le Christ car « le mystère de l’homme ne s’éclaire vraiment que dans le mystère du Verbe incarné », des personnes qui, par conséquent, se reconnaissent dans une adhésion personnelle et communautaire au Seigneur, choisi comme fondement et référence constant de la relation inter-personnelle et de la collaboration mutuelle entre l’éducateur et celui qui doit être éduqué. » (paragraphe 4 )

Autrement dit, pas d’école catholique possible si les enseignants ne sont pas catholiques ou si catholiques, ils mettent leur foi sous le boisseau en s’abstenant de témoigner de leur foi et de s’engager dans une véritable communauté éducative. Dans les écoles catholiques sous contrat, les directeurs et professeurs non catholiques voire athées ou d’autres religions sont nombreux. Comment les enseignants pourraient-ils être témoins du Christ s’ils n’ont pas la foi ? Où résidera le caractère propre ? Dans une parenthèse catéchétique ? Dans une relation un peu moins distante aux parents ?

Plus loin, ce même texte indique, dans son paragraphe 40, que l’école catholique doit « se sentir engagée à conduire les élèves dans la connaissance d’eux-mêmes, de leurs aptitudes et de leurs ressources intérieures, pour les éduquer à vivre leur vie avec le sens de la responsabilité, comme une réponse quotidienne à l’appel de Dieu ? » Combien d’écoles catholiques aujourd’hui répondent à cette définition ? Ne faut-il pas essayer de fonder des écoles qui cherchent à relever ce défi ? C’est une des défis que doivent relever les écoles catholiques libres de liens contractuels avec l’Etat.


S’agissant à proprement parler des avantages structurels des écoles hors contrat, je vous renvoie à la lecture de notre brochure http://www.creer-son-ecole.com/index.php?page=brochure En résumé, on peut citer les avantages suivants :
Par leur diversité, elles offrent enfin un choix véritable aux parents. En effet, les besoins des enfants et les attentes des familles sont variables. Une offre scolaire uniforme n’a donc aucune chance de les satisfaire.
C’est la liberté pédagogique dont jouissent les professeurs des écoles indépendantes qui permet l’éclosion d’écoles à la physionomie variée, allant de l’école pour enfants intellectuellement précoces ou dyslexiques, généralement mis en échec scolaire par le système scolaire habituel, au collège construit sur l’ambition d’offrir aux élèves l’épanouissement d’une pratique artistique de haut niveau, ou par les écoles bilingues scolarisant des enfants issus de diverses cultures.

A la différence de leurs aînées plutôt « élitistes » et onéreuses comme le cours Hattemer, où ont étudié Anne Sinclair, Jacques Chirac ou l’Agha Khan, ou les Moineaux dans le XVIème arrondissement, se développent actuellement surtout des écoles à but non lucratifs et financièrement abordables, ayant pour ambition de former les enfants dans toutes les dimensions de leurs personnes, cœur, corps, âme et esprit.
Ce sont des écoles à taille humaine : moyennant des scolarités de moins de 160 euros par mois, soit le prix de certaines écoles parisiennes sous contrat ou de 8 heures mensuelles de soutien scolaire à domicile après réduction fiscale, les enfants peuvent trouver un maître qui vit sa vocation d’enseignant comme on entre en religion.
Dans ces écoles, les professeurs sont libres d’employer le moyens éducatifs qui leur paraissent les plus adaptés, mais ils sont en contrepartie comptables des résultats scolaires et de l’épanouissement de leurs élèves.
Ces écoles de la nouvelle génération sont en définitives plus humaines en ce sens qu’elles s’attachent à faire réussir chacun. Leurs bons résultats académiques sont obtenus non par le renvoi des élèves faibles, comme le font nombre d’établissements sous contrat réputés, mais par le suivi individualité des élèves et par la plus grande implication des professeurs.
Si ces jeunes établissements réussissent à retrouver l’essence de ce qui a fait le succès de l’éducation classique française tout en apportant les innovations exigées par le monde où il nous a été donné de vivre, ils pourront servir d’aiguillon pour la réforme du système éducatif français.
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images/icones/hein.gif Justification d'une école hors contrat par Pierre Marciani (2007-12-03 22:33:22)
     images/icones/neutre.gif [réponse] par Anne Coffinier (2007-12-10 18:40:36)



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