Très cher Monsieur l'Abbé,
Vous voilà ! Merci de me donner l'occasion de dire plus clairement pourquoi je ne suis pas maurrassien. C'est précisément pour la raison qui fait que vous l'êtes. Je ne crois pas au "politique d'abord", quand vous en faites vous-même la règle suprême de l'action.
Lorsqu'un navire a une voie d'eau, on cherche à colmater d'abord et pour cela on prend tout ce qui passe sous la main. Mais lorsque le Titanic est à la verticale, il est temps de monter dans la chaloupe !
Les familles elles-mêmes sont en miette : sans collatéraux dispersés dans l'espace sidéral, divisées par les divergences religieuses, sans patrimoine (le code civil Napoléon comme machine à hacher le sol...), comptant leur enfants comme on compte les impôts...
Avons-nous encore des familles ? On pourrait en douter.
Or les familles sont les briques sur lesquelles se bâtit la cité. Le "politique d'abord" n'a mèné nulle part. Ayons la lucidité de le reconnaître, n'en déplaise à mes amis de l'AF chez qui j'irai conférer mercredi ! Mais Maurras vaut bien plus que le "politique d'abord".
A ceux qui veulent changer la société "par tous moyens y compris légaux", je ne dis qu'une chose : vous perdez votre temps, vous ne luttez pas contre la chair et le sang, mais contre les puissances et les démons.
Le Léviathan est diabolique...
Bien à vous.
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