Si vous pensez aux nombreuses vocations religieuses dans le Rouergue, pensez aussi que la crise fut sensible comme ailleurs (meetings JAC obligent). Je pense en particulier à l'un de mes cousins avec lequel je discutais ce soir.
Il y a de cela plusieurs années, deux curés de la région se retrouvèrent chez ses parents. Le premier, de la paroisse, lui fit la remarque qu'il ne le voyait pas souvent à la messe. Il répondit qu'il allait à la messe de l'autre. Et ce dernier d'arriver et de répondre par la négative. Mon cousin s'en sortit en disant: lorsque je vais au spectacle, je choisis la meilleure troupe. Le curé fut vexé.
Ce serait insultant de qualifier le mystère de la messe de simple spectacle, mais il y a une dimension visuelle, sensible, auditive qui est de l'ordre du rituel spectaculaire.
En le rendant insipide, les paysans comme mon cousin furent confrontés à la négation de ce qu'ils aimaient, et ils quittèrent l'église en s'éloignant de l'Eglise. Et il est bien difficile aujourd'hui - quoiqu'avec la grâce de Dieu... - de les faire revenir, car la pratique habituelle qu'il avait assurait la régularité de leur venue. L'habitude a changé. Aujourd'hui, ils dénoncent les "fonctionnaires du dimanche", ils n'ont plus confiance en ces hommes qualifiés de traîtres à leur ministère... mais cela n'en fait pas des hommes motivés pour fonder des groupes soudés demandeurs de l'application du Motu Proprio. Comme il fut dit au curé du village: il y aurait plus de vocations religieuses si les curés étaient convaincants. Son auteur n'est pas un lettré citadin, il n'a pas fait de théologie, mais j'y vois bien là le bon sens paysan. |