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[réponse] par Aude Mirkovic (2018-06-11 21:04:39) Imprimer

Alors bon dîner !!!
S’il vous reste quelques forces à votre retour, quelques mots.
D’abord, je rappelle que l’adoption est une institution au service de l’enfant, qui a pour raison d’être de réparer le préjudice subi par un enfant privé, par les malheurs et les aléas de la vie, d’un de ses parents ou des deux. La famille adoptive ne peut devenir LA famille de l’enfant que si elle remplace la famille d’origine. Laisser subsister les deux revient à faire de la famille adoptive une famille d’accueil, et cela ne rend pas le même service à l’enfant. Cela ne veut pas dire que l’enfant n’a pas accès s’il le souhaite à l’identité des parents d’origine qui, lorsqu’ils sont connus, figurent en général dans les jugements d’adoption. Cela veut dire que la famille de l’enfant, c’est désormais la famille adoptive, point. Sinon il y a potentialité de concurrence entre les deux, avec risque de conflit de loyauté pour l’enfant.
L’adoption ne vise pas à donner des enfants aux gens qui n’en ont pas, mais des parents à des enfants qui n’en ont plus, ce qui est tout à fait différent. Si l’adoption comble aussi de joie les adoptants, c’est bien entendu tant mieux, mais il faut rappeler que ce n’est pas l’objectif qui est le bien de l’enfant.
Pour certaines personnes généreuses, l’adoption pourrait tout à fait être une alternative à la PMA : hélas, elle ne peut être présentée comme une alternative crédible tant elle est compliquée et rare aujourd’hui. Mais c’est là un terrain à investir aussi car il est possible de remédier à cela. Non qu’il soit souhaitable d’avoir des enfants sans parents mais parce que, en réalité, il y a de nombreux enfants qui devraient être déclarés adoptables alors qu’ils sont maintenus en famille d’accueil pour des raisons plus ou moins idéologiques. Sans même parler des 220 000 enfants avortés chaque année qui pourraient être confiés à l’adoption si cette possibilité était seulement évoquée.
Bref, l’adoption est au service de l’enfant, mais elle pourrait aussi combler le désir d’enfant de beaucoup de personnes. En revanche, cela ne fera pas disparaître le revendication de la PMA, car d’autres personnes ne sont pas intéressées par l’adoption et préfèrent avoir un enfant lié biologiquement à elles et, en outre, qui n’ait pas une histoire antérieure.
C’est pourquoi il faut le dire et le redire : l’adoption doit cesser de servir de prétexte à la PMA, concrètement la PMA sans père. L’adoption n’a en effet jamais privé un enfant de rien, et certainement pas de ses parents d’origine : elle intervient au profit d’un enfant, déjà privé de ses parents, pour réparer au mieux cette privation. L’adoption ne prive l’enfant de rien, elle répare.
Au contraire, la PMA pour les femmes organiserait effacement du père, pour mettre délibérément l’enfant dans la situation de n’avoir qu’un seul parent et le rendre ainsi adoptable, disponible pour réaliser le désir d’autrui. Ce que l’adoption tente de réparer, la PMA le provoque. Et gérer la situation d’un enfant privé de ses parents n’a rien à voir avec le fait de susciter délibérément cette situation.
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