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à Don Henri par Maxence Caron (2010-03-22 18:44:38) Imprimer

Je ne saurais dire ici, même brièvement, ni le résumer car ce serait en dénaturer la démarche, le contenu du livre sur Bach que je viens de faire paraître. Vous comprendrez cela sans mal, je suppose : il y a l’espace pour le livre, la méditation, et l’espace internautique pour ces discussions rapides et forcément toujours traitées superficiellement. Je renvoie donc à mes écrits.
Remarquons simplement que la Messe en si, contrairement aux Cantates, n’est pas une œuvre de commande ; qu’elle a une valeur testamentaire consciente ; qu’elle est souvent une reprise synthétique de Cantates antérieures dont la chronographie s’étend sur l’ensemble de la vie créatrice de Bach ; que la liturgie protestante admettait la forme de la Messe en intégrant uniquement le Kyrie et le Gloria et donc que Bach commet un acte de provocation en insérant un immense Credo romain qu’il compose tout exprès pour cette œuvre, Credo auquel il tient au point de l’écrire dans une grande peine physique puisqu’il devient aveugle, et un an et demi avant sa mort qu’il sait proche.
Remarquons également le musical éclat et la symbolique catholique dont le grand homme orne les théologiques vérités que la Réforme conteste : la Virginité perpétuelle de la Mère de Dieu (cf. dans le Credo l’« Et incarnatus », la foi dans l’Eglise catholique (cf. toujours dans le Credo l’« Et in unam sanctam ») et la valeur accordée dans toute la Messe à la Présence Réelle (Bach donne des preuves musicales de sa foi en la transsubstantiation). Je peux continuer ainsi la liste des surprenantes remarques, mais celles-ci devraient suffire à permettre déjà l’essor d’un espace de questionnement sur la possible pensée catholique de Bach, questionnement qui tout au moins extrait cette pensée de toute simple appartenance à la théologie réformée, et permettre notamment le jaillissement d’une question : dans quelle mesure, sachant de quel statut servile vivaient les musiciens, avant l’indépendance conquise par Mozart, qui en mourut, et Beethoven, qui essaya d’en vivre, dans quelle mesure les œuvres qui furent commandées à Bach en un contexte religieux et une géographie liturgique précise, à laquelle il ne pouvait que difficilement se soustraire et au sein de laquelle il pouvait de toutes les façons louer Dieu à travers la musique sans rien nier, dans son art, de ce qui constitue la foi catholique en sa vérité, dans quelle mesure ces œuvres, bien que de forme luthériennes, n’eussent-elles point pour centre une pensée catholique ? En quoi la forme imposée d’une œuvre, d’une Cantate, d’une Passion, empêcherait à un musicien de cœur catholique d’y exprimer musicalement la sincérité de sa foi ?
Une Symphonie de Bruckner n’est pas une Messe, la symphonie n’a jamais été une forme religieuse et a été utilisée par maint musicien dans différentes intentions, et pourtant Bruckner considérait ses Symphonies comme des œuvres religieuses on ne peut plus catholiques, comme des Messes sans paroles. Ce dont la neutralité d’une symphonie est capable, la religiosité tout de même chrétienne d’une Cantate le peut à équivalent escient.
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