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Dites donc par Guillaume d'Alançon (2009-12-07 21:40:26) Imprimer

Vous n'y a allez pas de main morte !
Vous permettez que je ne réponde pas à votre question autrement qu'ainsi : par la prière, on peut tout... ce que Dieu veut. Pour notre bien.

Lisez cela:

Voir avec le cœur.

Quel chemin allons-nous prendre pour aboutir à cette rencontre du Père à laquelle nous aspirons ? Quelle faculté a-t-il mise à notre disposition pour cela ? Est-ce l'intelligence, la capacité de connaître et de raisonner ? Écoutons la réponse de Jésus : «Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d'avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l'avoir révélé aux tout-petits. Oui, Père, car tel a été ton bon plaisir» (Mt 11.25-26). Voilà qui paraît étonnant : le chemin est fermé aux intelligents, à ceux qui savent penser et calculer. Ce n'est pas à eux que Dieu a réservé de révéler ses secrets.

Dieu ne nous a-t-il pourtant pas donné notre tête, notre capacité de penser, de nous représenter les choses, de les imaginer, comme un moyen d'entrer en contact avec les autres ?

C'est vrai, ces facultés nous ont été données par Dieu. Elles sont bonnes. Elles sont indispensables. Ne les méprisons pas. Ne les sous-estimons pas. Mais sachons, cependant, reconnaître leurs limites.

Lorsque je pense à un problème – disons plus précisément à une personne très proche – avec ma tête, et non avec mon cœur, je la maintiens à distance de moi. Je la saisis, je la manipule, de manière à pouvoir l'analyser tout à mon gré, sans me compromettre avec elle. Au fond, je ne m'engage pas ; je garde mes distances ; je conserve ma sécurité par rapport à cette personne. Je fais tout ce que je peux ainsi pour la connaître sans me laisser "entraîner, contaminer" par le dynamisme qui peut émaner du cœur de cette personne. Je veux rester libre par rapport à elle. Dans certains cas, cette méthode de faire est peut-être bonne. Si je veux aimer, ce n'est certainement pas la voie qu'il faut suivre.

Jésus continue son enseignement : «Tout m'a été remis par mon Père et nul ne connaît le Fils si ce n'est le Père, et nul ne connaît le Père si ce n'est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler» (Mt 11.27). «Tout m'a été remis par mon Père» : cela veut dire précisément qu'entre le Père et le Fils toutes les distances ont été abolies. Aucun des deux n'a cherché à conserver sa sécurité par rapport à l'autre. Ils ont accepté de s'engager réciproquement. Et ainsi peuvent-ils se connaître mutuellement de cette connaissance d'amour qui est présentée comme un mystère auquel seuls peuvent participer les initiés : «Nul ne connaît le Fils si ce n'est le Père, et nul ne connaît le Père si ce n'est le Fils». Nul ne connaît, parce que nul n'ouvre son cœur. Et si nous voulons connaître le Père, il faut accepter de recevoir cette connaissance du Fils, dans la mesure où Il voit que notre cœur est prêt à l'accueillir.

Pour vraiment connaître Dieu, il faut donc renoncer à mes sécurités. Je dois éliminer les distances que la pensée et toutes les représentations me permettaient de garder par rapport à Lui. Je dois reconnaître que je suis vulnérable. Cette vulnérabilité que je cachais si bien, il me faut l'accepter en pleine lumière, la vivre, c'est-à-dire laisser s'exprimer les réactions vraies de mon cœur. À partir de ce moment-là, il me sera possible d'entrer en relation avec le Père et le Fils... et avec tous mes frères humains.

Cela veut dire, dans la réalité concrète, que je dois accepter de me placer au niveau de mon cœur. Je dois lui donner le droit d'exister, de se manifester, de s'exprimer selon le mode qui lui est propre, c'est-à-dire à travers des sentiments profonds : la confiance, la joie, l'enthousiasme, mais également la peur, parfois l'angoisse, la colère. Cela ne veut pas dire vivre au niveau de la sensibilité superficielle. Cela veut dire, au contraire, accepter que se développent en nous ces mouvements profonds qui nous entraînent à rencontrer, en toute vérité, l'autre. Voilà ce que c'est que d'être "un tout-petit" : celui qui en toute spontanéité s'exprime et se laisse prendre par l'amour de celui qui est devant lui. Comme il nous est difficile d'avoir le courage d'être tout-petits !

Ces réflexions se situent autant dans la ligne de l'Évangile que dans celle d'un processus psychologique normal. Les deux niveaux sont évidemment distincts, mais ils se complètent et se compénètrent. Il nous faut arriver à tout atteindre à travers le regard d'amour porté par Jésus sur les créatures et même sur les personnes divines. Voilà ce que j'appelle "voir avec le cœur" : accepter que le Fils me révèle le Père au seul niveau où je suis capable d'assumer cette révélation, c'est-à-dire au niveau où, selon mon être humain, il y a en moi une image de la relation d'intimité qui existe entre le Père et le Fils, dans mon cœur.

cf.chartreux.org
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La discussion

images/icones/sacrecoeur.gif Chartreux par segodal (2009-12-07 21:34:17)
     images/icones/neutre.gif Dites donc par Guillaume d'Alançon (2009-12-07 21:40:26)



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