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[réponse] par Révérend Père Louis-Marie de Blignières (2009-11-27 18:20:32) Imprimer

Je me suis connectée avec attention à votre site, et j'ai écouté aussi votre et je voudrai vous poser une question relative à vos relations avec l'Ordre des Prêcheurs :
- A l'heure actuelle, en faites vous partie, j'entends par là êtes vous "une de leur branche" si l'on peut dire ?


Réponse. Non. Canoniquement la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier (FSVF) est indépendante de l’Ordre des Prêcheurs (OP). La FSVF, de droit pontifical depuis le 28 octobre 1988, dépend directement du Saint-Siège par l’intermédiaire de la Commission Ecclesia Dei. C’est la solution élaborée par le Cardinal Mayer et la Commission ED en 1988 pour nous donner les moyens d’exister, sans attendre un accord hypothétique avec l’OP. Le Saint-Siège nous a reconnu comme « fils de saint Dominique », ce n’est pas encore le cas de l’OP.

- Si non, est-ce un projet de votre part et de la leur ?

Réponse. Nous avons émis le vœu de devenir une partie de la Famille dominicaine, qui regroupe notamment les Instituts de l’ancien Tiers Ordre régulier (comme les Dominicaines de Pont Calleck, dont j’ai connu le fondateur). Cela laisse l’indépendance canonique tout en marquant la parenté de spiritualité et la similitude des vocations. Mais l’OP est réticent jusqu’ici à cette formule, et les conditions qui nous sont proposées pour une intégration hypothétique dans la Famille dominicaine (aider les confrères dans le rit de Paul VI notamment…) ne facilitent pas les choses. Il faut dire que la tradition de l’OP insiste beaucoup sur l’unité. L’OP n’a jamais été divisé, à la différence des franciscains, mais a préservé son unité par le moyen des « Congrégations d’observance », qui malheureusement n’ont pas été admises dans la période récente. Même le Père Marie-Dominique Philippe n’a pas pu insérer son projet dans l’OP, dans les années 70, et a du faire une fondation distincte. Nous apparaissons malheureusement aux yeux de certains comme des diviseurs. En fait, il nous semble qu’il faut prendre acte des énormes bouleversements survenus dans toutes les Provinces dominicaines depuis 50 ans, et accepter que certains, dans une structure distincte, gardent les pédagogies qui furent celles de l’OP (notamment en matière de thomisme et d’observances régulières), sans que les autre se sentent agressés. Mais souvent ceux qui exaltent un certain pluralisme ont du mal à le vivre dans la réalité.


Si c'est le cas, où en sont les discussions avec eux ?


Réponse. Institutionnellement, il y eu une phase de rapports actifs de 1988 à 1996. J’ai rencontré deux Maîtres de l’Ordre, et l’un d’eux est venu à Chémeré. Nous avons fait une demande officielle en mars 1992 pour notre agrégation à la Famille dominicaine, mais elle n’a pas eu pour l’instant de réponse favorable. Il y a eu des contacts officiels avec le Provincial de France, jusqu’en 1996. Bien que j’aie rencontré en février 2009 à Rome l’Assistant du Maître pour la France, les choses sont un peu au point mort depuis cette date. Malgré le Motu proprio de 2007, notre attachement au rit dominicain n’est pas très bien vu. Je crois aussi que les autorités de l’Ordre ne veulent pas, en nous acceptant dans la Famille dominicaine, paraître encourager des tendances qui se manifestent, ici ou là, dans le sens d’une vie plus régulière ou d’une liturgie plus classique. Le Maître de l’Ordre a cependant concédé à la FSVF en 1988 la « communication des biens spirituels de l’Ordre ». Nous aimerions qu’il y ait, à terme, entre l’OP et la FSVF, quelque chose d’analogue à ce qui existe entre les Chartreux et les Frères de l’Assomption et de Bethléem : les premiers ont reconnu aux seconds la « paternité de saint Bruno », et ils demeurent « cousins » mais indépendants.


Avez-vous seulement des relations avec eux ?


Réponse. Oui, nous avons (et avons eu depuis bien avant notre reconnaissance canonique), de nombreux rapports amicaux, théologiques, intellectuels ou spirituels avec des Pères des Provinces de France, de Belgique, de Suisse, d’Allemagne, de Hongrie, d’Espagne, de Grande Bretagne, d’Italie, de Bohême, des USA, de l’Australie, d’Amérique latine. Certains ont fait des séjours au Couvent. Nous avons été en contact étroit avec deux Pères consulteurs de la CDF, dès 1985. L’un d’eux a relu nos Constitutions. Ce sont le plus souvent des dominicains qui nous prêchent la retraite de communauté. Plusieurs nous ont donné des cours de philosophie ou de théologie. C’était pour nous un encouragement d’entendre certains anciens nous dire qu’ils retrouvaient un peu à Chémeré l’ambiance de leur lointain noviciat. Plus récemment, le Père Bonino, Directeur de la Revue thomiste, a accepté des articles de la FSVF dans sa revue. Il était dans le jury de ma thèse de Doctorat ; il a rédigé la préface du livre qui en est sorti.
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La discussion

images/icones/1a.gif Bonjour Père, par Anisvert (2009-11-11 18:41:24)
     images/icones/carnet.gif En résumé, donc, suite de ma question par Anisvert (2009-11-16 21:10:39)
         images/icones/fleche2.gif [réponse] par Révérend Père Louis-Marie de Blignières (2009-11-27 18:21:53)
     images/icones/fleche2.gif [réponse] par Révérend Père Louis-Marie de Blignières (2009-11-27 18:20:32)
         images/icones/fleur.gif Merci infiniment par Anisvert (2009-11-28 23:05:06)



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