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[réponse] par Michel De Jaeghere (2008-12-09 18:22:01) Imprimer

Cher Monsieur
Merci de votre aimable invitation.
Non, je n’ai voulu en aucune manière critiquer tel ou tel choix tactique ou doctrinal du monde traditionaliste. Je voulais rendre d’une certaine manière hommage aux prêtres qui ont pu subir une certaine forme de persécution pour leur attachement à la messe tridentine. Montrer surtout que derrière la querelle des rites à quoi on a trop souvent réduit la crise de l’Eglise, se cachaient parfois des divergences profondes sur le contenu de la foi.
Ite missa est : ce titre est à double sens. Il évoque, bien sûr le renvoi d’un vieux prêtre et la fermeture d’une paroisse où la Messe traditionnelle sera désormais interdite ; mais pour le jeune évêque aussi, « la messe est dite », dans la mesure où il n’y croit plus, non plus qu’à la religion dont elle était la clé de voute.

Je ne donne pas tous les choix de mon vieil abbé pour exemplaires. Ce qui est exemplaire, c’est sa fidélité à la messe et à la foi des anciens jours. Pour le reste, j’ai essayé de serrer le plus près possible la vérité des caractères. Compte tenu de ce qu’est mon abbé Dubost, tel qu’il apparait dans le cours de la pièce, il m’a semblé qu’il devait réagir de la manière que je mets en scène. Cela ne fait pas forcément de lui un modèle à suivre, ou en tout cas à opposer à ceux qui ont fait d’autres choix que lui.
Il m’a paru intéressant de choisir un prêtre que sa personnalité portait naturellement à l’obéissance, et que le malheur des temps avait seul conduit à se retrouver au cœur de la crise. De tels prêtres ont existé, j’en ai personnellement rencontré. Leur cas m’a semblé plus apte à soutenir la tension dramatique que celui de prêtres plus réactifs, plus portés par tempérament à la contestation de l’autorité, parce qu’il permettait de montrer qu’à un moment donné, même les plus doux, les plus soumis avaient fini par être insupportables à la hiérarchie, parce que, justement, ce n’était pas une question de personne, mais une question de foi, ou au moins de principe.

Pour vous répondre sur le fond : que les traditionalistes aient pu commettre, depuis quarante ans des erreurs ou des maladresses, cela me parait indiscutable . Nous en commettons tous. Le malheur, c’est la crise de l’Eglise, qui nous a conduit à nous mêler de questions qui n’étaient pas toujours de notre ressort, nous a posé des cas de conscience que nous n’avions pas toujours les moyens intellectuels ou doctrinaux de résoudre par nous-mêmes, nous a amenés parfois à tenir des propos outrés, excessifs, ou à manquer de charité envers les personnes, de respect envers les autorités. Il est évident que nous devons y prendre garde. Mais il me semble que la responsabilité principale de nos manquements incombe à une hiérarchie qui ne nous a pas transmis ce que nous étions en droit d’attendre d’elle, a traité nos objections et nos inquiétudes par le mépris, quand elle ne nous a pas effrontément menti ( en premier lieu sur la messe, qu’elle a prétendue interdite alors que le saint père nous dit aujourd’hui qu’elle ne pouvait pas l’être). Il me parait donc un peu facile de pointer les faiblesses du monde traditionaliste. Elles existent, mais dans la situation impossible que nous avons connu, il me semble qu’il ne faudrait pas perdre de vue ses mérites.
Le saint père dit explicitement que s’il s’est décidé à accomplir, avec le Motu Proprio, cet acte de justice qu’a constitué la « libération » de la Messe traditionnelle, c’est parce que des groupes de catholiques étaient restés fidèles, depuis quarante ans à ce rite. C’est reconnaître que leur désobéissance a été légitime et féconde, même si elle les a conduits à prendre des libertés avec la hiérarchie.
Il me semble qu’il en va de même pour les objections qui ont été faites à certaines ambiguïtés du concile, et auxquelles Benoît XVI s’efforce de répondre par une réinterprétation magistérielle des textes équivoques (je pense par exemple au cas du subsistit in). Aurait-il lui-même évolué dans son appréciation de ces textes, s’il n’avait été confronté à la contestation traditionaliste ?
Je crois que nous devons nous garder de nous glorifier, mais que nous ne devons pas avoir honte de ce qui a été accompli par nos pères (je pense à Jean Madiran, à Mgr Lefebvre) à qui nous devons de bénéficier des libertés qui nous sont désormais consenties.
M DeJ.
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images/icones/hein.gif Critique de la méthode tradie ? par XA (2008-12-02 08:33:34)
     images/icones/neutre.gif [réponse] par Michel De Jaeghere (2008-12-09 18:22:01)



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