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Recension de Guillaume Desanges (La Nef) par XA (2008-11-27 10:11:48) Imprimer

« Un livre qui ne parle que d’école mais qui pourtant décrit très précisément notre monde actuel ». Marc Le Bris, préfacier, résume assez bien la teneur de l’ouvrage de son collègue Bernard Viallet. Avec une ironie amère qui pointe à chaque détour de phrase, cet instituteur de la banlieue rouge d’Île-de-France nous conte le périple d’un navire qui, prenant l’eau de toute part, continue à mener sa mission : apprendre à lire, écrire, compter du CP à l’entrée en sixième à des enfants qui ressemblent de moins en moins à des enfants. L’intérêt de ce témoignage est contenu dans le parcours de son auteur qui intègre l’Éducation nationale dans les années 60, quelques années avant la liquidation en règle du système ancien, du certificat d’étude, de la méthode Boescher, des notes et du classement des élèves. « L’Éducation nationale est alors satisfaite car elle se sent moderne et les orthophonistes n’ont jamais autant prospéré ». Travail « d’éveil » en histoire et géographie, lecture globale ou mixte, grammaire fonctionnelle ou structurale : « Quelle passion aurait-on pu mettre dans ces salmigondis ? », s’interroge perplexe Bernard Viallet. Notre instituteur gravit progressivement les échelons, pour achever sa carrière comme directeur de l’école… Karl Marx. L’inertie du Mammouth, son incapacité à se remettre en cause, à écarter ses éléments incompétents voir nuisibles, la lâche discrétion d’une hiérarchie « toujours prête à ouvrir le parapluie pour se prémunir d’on ne sait quoi », la calamiteuse cogestion de l’école entre technocrates dogmatiques de l’Académie et syndicalistes omnipotents, l’absentéisme des parents en matière d’éducation ou au contraire, leur agressivité lorsqu’il s’agit de défendre bec et ongles leurs rejetons… rien ne semble avoir été épargné à notre auteur qui visiblement en a gros sur le coeur. Pas de fausse pudeur dans ce témoignage sur « le plus beau métier du monde ». Simplement un souhait : « De grâce, inutile de tirer sur l’ambulance. L’école est tout ce qui reste de l’État républicain dans les cités… »

Guillaume Desanges in La Nef n°193 mai 2008
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