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De la Parité et de la mixité à l'Ecole par Aétius (2008-11-26 23:04:48) Imprimer

Cher monsieur,

Je n'ai pas lu votre livre, mais m'efforcerai de le lire prochainement, promis.

Merci en tout cas de venir débattre sur ce forum où les participants, quoique parfois ayant le sang chaud et n'étant pas toujours du même avis, sont en général de bonne volonté, et désireux de contribuer à améliorer les choses par leurs plus ou moins modestes contributions.

Ayant lu ou entendu en conférence d'autres d'auteurs traitant des maux actuels de l'enseignement, tels que Brighelli ou Laurent Laffogue, le célèbre médaillé Fields de mathématiques ; connaissant par ailleurs bien le sytème éducatif actuel, du moins en France, j'ai été amené ces dernièes années à pas mal réfléchir aux problèmes qui sont les siens.

J'aimerais que vous nous donniez votre avis sur deux points :

1) D'abord la mixité, devenue un dogme obligatoire, de la maternelle à la terminale.

Je tiens à préciser que je suis de plus en plus hérétique là-dessus, et que je suis davantage désormais partisan d'une (non-)mixité modérée (en gros séparer en cours garçons et filles à certains âges et pour certaines activités), en raison du fait que les garçons et les filles ne fonctionnent pas de la même manière. Quand la société était (à nuancer bien sûr) cloisonnée entre hommes et femmes, le besoin de mixité était normal. Le mouvement du balancier n'irait-il pas désormais dans l'autre sens ?

J'ai entendu à ce propos que de plus en plus d'établissements, en particulier difficiles, aux USA reséparent garçons et filles, ce qui a pour avantage de a) repermettre aux filles de travailler, les garçons, dominés intellectuellement n'étant plus là pour perturber ls cours, seule manière pour eux d'exister, b) d'amener ces mêmes garçons à travailler enfin, n'ayant plus besoin de faire les coqs pour exister, et pouvant répondre enfin sans se faire rabrouer par les filles ou en ayant l'impression d'être demeurés par rapport à elles.

2)L'autre point sur lequel je vous serais reconnaissant de bien vouloir nous donner votre avis est celui de savoir si un des problèmes actuels de l'enseignement, en France et dans le monde occidental plus généralement, ne serait pas la surreprésentation des femmes comme professeurs.

Ayant moi-même eu une majorité de professeurs hommes durant ma scolarité, et appréciant d'avoir des professeurs femmes, qui apportaient quelque chose de différent dans leur façon de faire, je suis sidéré de voir que certains collèges ou lycées comportent 75, voire 90% de femmes parmi leur personnel enseignant aujourd'hui.

Je vous ai collé ci-dessous un post que j'avais écrit à une "pseudoée" Mathilde (que je salue, ne doutant pas de son passage..., en profitant pour saluer également la "pseudoée" Glycera, dont j'apprécie souvent les contributions), dans le cadre d'un échange sur ce site le 20 novembre dernier suite à un post intitulé "Ecole conseils"

En vous remerciant d'avance de vos réponses

Aétilius






Ma chère Mathilde,

Qui apparemment travaillez pour l'Education Nationale, que le corps enseignant aujourd'hui soit ultra-féminisé est une évidence qui saute aux yeux de tous, mais pas aux vôtres apparemment : "oculos habent, et non videbunt". Sur ce phénomène, qui est révélateur d'un problème de société, se penchent de plus en plus de sociologues, car cela implique pas mal de choses...

On en arrivé à un stade où, dans un très grand nombre d'établissements, les hommes sont devenus ultra-minoritaires.

Où est le problème, me direz-vous ?

Tout simplement qu'"un garçon n'est pas une fille comme les autres", et que forcément un élève a besoin de s'identifier à l'adulte qui lui transmet son savoir, pour s'y intéresser, et travailler. Les filles sont donc bien servies de ce côté-là, mais les garçons beaucoup moins.

Or, et j'espère que vous ne me contredirez pas, travailler les matières scolaires est moins naturel pour un garçon que pour une fille. Si en plus l'élève garçon en arrive à l'équation "étudier et se cultiver = truc de filles", il ne fera pas grand chose, et on aura alors une génération de crétins, juste bon à jouer au foot. Qui plus est, la plupart des manuels aujourd'hui sont écrits en majorité par des femmes qui, inconsciemment et avec la meilleure bonne volonté du monde, les écrivent pour des filles.

Qu'un élève garçon travaille moins par défaut d'identification avec son professeur arrive moins lorsqu'il a face à lui des professeurs hommes. C'est la raison pour laquelle dans les établissements juifs de Paris par exemple, une femme ne peut pas enseigner à des garçons, alors qu'un homme peut enseigner à des filles : "c'est lamentable et ridicule, archaïque et sexiste" me direz-vous, mais cela part d'une constatation expérimentale de la sagesse humaine sur des générations et des générations.

A compétences égales, nombre de directeur d'écoles hors-contrat cherchent donc à embaucher des professeurs hommes, lorsque l'occasion se présente.

Par ailleurs, au cas où vous l'ignorez, et dans ce cas-là, il faut descendre de votre nuage, de plus en plus d'enfants sont élevés par leur mère seule, se retrouvant donc ensuite jusqu'à un âge très avancé face à des éducatrices seulement. De présence féminine, ils ne manquent pas dans leur enfance et leur jeunesse, ce qui n'est pas le cas de la masculine. Bref, il y a un déficit de référent masculin, ce qui, d'un point de vue psychologique, n'est pas très équilibrant, déjà pour une fille, mais encore plus pour un garçon aujourd'hui où, que vous le niiez ou le reconnaissiez, nous vivons dans un monde aux valeurs féminines.

Merci en tout cas de parler de la liberté de temps laissé et des nombreux temps de vacances (de cours face aux élèves), qui font que nombre de femmes se sont engouffrées dans cette "profession", pour pouvoir s'occuper de leurs enfants. Tant mieux pour ces derniers, mais cette dernière raison, pour noble qu'elle soit, a contribué à établir dans l'esprit des gens l'équation "professeur = volonté de travailler le moins possible en étant le plus longtemps chez soi", enlevant ainsi son prestige à ce si beau métier, au sens étymologique de "ministère"/"service". Résultat : les élèves ne respectent plus leurs professeurs, à force d'entendre ce discours véhiculé par leur entourage et la société. Ajoutez à cela le fait qu'ils soient de culture musulmane ou traditionnelle, où il est inconcevable qu'un homme obéisse à une femme (et c'est le cas en gros d'un bon quart minimum des élèves aujourd'hui, voire plus en région parisienne), et l'on arrive aux clashs dont on entend de temps à autre parler.

Que les professeurs soient un jour ou l'autre tenus de rester au minimum 35 heures dans leur établissement me paraît donc une très bonne chose, du moment du moins (et on en est loin) de disposer d'un bureau pour pouvoir y travailler tranquillement.

La conclusion que je retire de tous ces échanges est que vous semblez pleine de bonne volonté, mais aussi que vous connaissez mal la psychologie des garçons et des hommes, qui, pour reprendre encore la boutade que j'ai citée au début de mon post, ne "sont pas des femmes comme les autres", comme sont de plus en plus enclines à le penser les femmes aujourd'hui, en raison du fait que nous vivons désormais dans un monde d'où l'homme s'est effacé.

J'ose espérer qu'il n'y a rien de mal à penser que le passage d'un extrême (une société dominé par les hommes, qui avait au moins cette qualité de revendiquer cet état de fait) à un autre, insidieusement ou inconsciemment dominé par les valeurs féminines, n'est pas une bonne chose.

Il me semble au contraire qu'un certain équilibre est souhaitable, et que pour cela l'homme a besoin d'être valorisé, sinon il devient démissionnaire (cf ce qui se passe aujourd'hui dans l'Eglise) ou violent.

Mais bon, je crois que, pour le moment, chacun campe sur sa vision des choses. Je vous souhaite en tout cas de bien faire votre travail, non pas dans l'optique d'en faire le moins possible, mais de ces religieuses enseignantes, qui vouaient leur vie à la transmission du savoir, et des vérités de la foi.

En vous souhaitant une bonne soirée, et en vous disant toute mon admiration pour le métier que vous (si j'ai bien compris) exercez.

Aétilius, qui déteste par dessus tout devoir se "fighter" avec une représentante du beau sexe, fût-ce à balles à blanc.
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