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[réponse] par Monseigneur Dominique Rey Imprimer

Ne pensez vous pas qu'il soit urgent et nécessaire de revoir les traductions françaises des prières et de la liturgie ? Rome en a donné récemment le signe sur la traduction du "pro multis" de la consécration. Et il me semble en voir aussi les prémices dans le Motu Proprio.
Deux exemples simples qui touchent de près tous les fidèles:
"Ne nous soumets pas à la tentation" : j'avoue croire entendre un blasphème à cette évocation d'un Dieu tentateur, et non secourable.
" De la même nature que le père" : De grands philosophes Catholiques (et pas forcément suspects de traditionalisme) comme Etienne Gilson et Jacques Maritain ont relevés le caractère formellement hérétique de cette affirmation. La traduction anglaise à gardé, je crois, le "consubstantiel" du concile de Nicée.
J'admets volontiers que l'esprit dans lequel ces formules sont prononcées n'est pas celui qu'un interprétation littérale amène, mais ne serait-il pas préférable de proclamer ce que l'on croit, plutôt que de croire ce que l'on ne proclame pas ? Ne serait-ce pas aussi un grand geste d'unité ?

Monseigneur Dominique Rey :
On a souvent signalé la faiblesse de la traduction française du nouveau missel et les ambiguïtés doctrinales qui appauvrissent considérablement le sens du Mystère. Quelques exemples significatifs : la monition introduisant au rite pénitentiel ne rend pas en français la rigueur du latin qui a l’avantage de faire entrer de plain-pied dans le Mystère, en réclamant une aptitude, une habilitation qui passe par la confession des péchés : « Frères, reconnaissons nos péchés pour être aptes à célébrer les saints Mystères ». La triple formule traditionnelle du Confiteor, « mea culpa, mea culpa, mea maxima culpa », qui selon un rythme ternaire et donc trinitaire, évoquait l’insistance à se reconnaître pécheur devant Dieu, devient contre toute attente : « Oui, j’ai vraiment péché. » La traduction du verbe offerimus par « présentons » dans les prières de l’offertoire, déjà considérablement allégées, n’oriente pas beaucoup vers l’offrande du sacrifice eucharistique dont l’offertoire est précisément la préparation. Quant à la traduction de l'orate fratres, on comprend mal comment elle a pu recevoir l’approbation. Là où la distinction entre le sacerdoce ministériel et le sacerdoce commun des fidèles prédominait, sans pour autant négliger la part des fidèles dans l’offrande du sacrifice, et où l’on demandait précisément que cette offrande soit agréée par Dieu le Père, on trouve une traduction qui entretient la confusion : « Prions ensemble au moment d’offrir le sacrifice de toute l’Eglise ». L’invitation à la communion comporte encore un affaiblissement doctrinal : traduire ad cenam Agni, par « repas du Seigneur », c’est minimiser la nature sacrificielle du banquet eucharistique. Enfin, je sais bien que la formule traditionnelle Ite Missa est est difficilement traduisible, mais le français « Allez dans la paix du Christ », ne rend pas assez bien le caractère d’envoi en mission que comporte l’expression missa dans la tradition liturgique. On est ainsi en droit d’espérer un jour une révision des traductions, qui rendent plus fidèlement la richesse spirituelle et théologique du nouveau Missel.
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images/icones/bible.gif La question des traductions par Philippilus et François d'Orange
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