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Pour élargir le débat par Jeanne Smits (2007-05-14 21:50:41) Imprimer

A propos des cloches, et pour élargir le débat, je me permets de verser cet article dans la discussion, paru dans "Présent" daté du 10 mai...

De notre correspondant permanent à Beyrouth
Les cloches de nos églises


Beyrouth. – Ce soir, je ne peux détacher ma pensée de l’église Jean XXIII de Sartrouville. Sera-t-elle par choix délibéré sans cloches ? ou simplement « pour l’instant » comme le dit son curé, le Père Alexandre de Bucy ? Découvrir en Orient qu’en France, Fille aînée de l’Eglise, une église pourrait être sans cloches nous laisse pantois et désarmés de douleur comme face à un suicide réussi.

Cela nous ramène à moins de cent ans en arrière quand l’Empire ottoman succédant aux Empires arabes, maintenait sous le joug de l’islam conquérant l’Orient chrétien.

En ce temps-là, nous n’avions pas de cloches mais des crécelles, des gongs ou encore deux morceaux de bois que l’on entrechoquait pour annoncer nos naissances, nos mariages et nos morts comme pour « sonner » la messe, les offices ou l’angélus.

En ce temps-là, les portes de nos églises étaient si basses que nous devions nous courber bien bas pour y entrer. Signe d’humilité comme dans certaines cellules de moines ? Non. Pour protéger nos sanctuaires de la soldatesque turque à cheval.

En ce temps-là, nos clochers ne devaient jamais atteindre ou dépasser la hauteur de leurs minarets.

En ce temps-là, comme à Damas par exemple, les Chrétiens devaient céder le pas aux Musulmans, n’avaient droit qu’aux mules et aux ânes et jamais aux chevaux.

De massacres en massacres, les Chrétiens, par vagues successives, ont trouvé refuge dans le Mont-Liban. Vivant dans un « calme » précaire jusqu’à ce XIXe siècle qui fut sanglant. 1840, 1860… années où les chrétientés d’Orient ont payé de leur sang leur attachement à la foi de leurs pères. Deir el Kamar, Zahlé, Rachaya, Damas… A Istanbul arrivait au pouvoir toute une génération formée en Europe aux « Lumières ». Des prêtres sont morts, égorgés au pied des autels.

Aujourd’hui au Liban, en Syrie, en Terre sainte, en Egypte nous sonnons nos cloches et vivons encore à leur rythme. Dans mon village, les cloches de nos églises annoncent les décès, sonnent le glas et le village accourt pour soutenir la famille.

Et les cloches sonnent du nord au sud du Liban, même dans ces villages où les Chrétiens ne sont plus. Où il ne reste plus que les très vieux et les religieuses et les prêtres qui continuent à ouvrir et à diriger leurs écoles. Des écoles avec 90% et même parfois 100% d’élèves musulmans. Mais les cloches sonnent.

Je ne connais pas le Père de Bucy. Je n’ai donc que ce qu’il a bien voulu nous dire depuis le site internet de sa paroisse où il nous explique : « Pourquoi il n’y aura pas de cloche pour l’instant dans l‘église du plateau de Sartrouville. »

On y découvre qu’« il y a une question financière. A l’intérieur du budget, il a été nécessaire de faire des choix. Mais quand les chrétiens et les paroissiens le souhaiteront et qu’ils pourront mettre en place le financement approprié, alors on pourra répondre à cette demande ». Et le choix d’aujourd’hui n’a donc pas été favorable aux cloches !

Le curé de Sartrouville se demande, nous demande, « qui aimerait avoir une volée de cloches à moins de 10 mètres de ses fenêtres sans avoir été consulté auparavant » ? Nous.

Nous, c’est-à-dire nous tous qui savons que les cloches ponctuent la vie du Chrétien comme les virgules et les points un texte bien écrit.

Il faudrait offrir au Père de Bucy Les Trois Cloches d’Edith Piaf et l’envoyer un peu en Orient.

L’Orient chrétien du Liban, ou même encore de Syrie ou de Terre sainte où les maisons des quartiers chrétiens sont lovées autour de leurs églises, il y entendra les gens dire « Saint-Elie sonne », « Il y a un mort à Saint-Georges »… Et l’Orient d’Arabie et des Emirats.

Chez les Saoudiens pas d’église. Ils estiment que « le royaume entier est une mosquée ». Dans les Emirats, à Oman par exemple ou au Qatar, on trouve des églises. Une croix, souvent belle, sur la façade mais pas de clocher. En Terre d’islam les cloches ne sonnent pas. Mais les curés, souvent des capucins dans ces pays, le savaient avant de construire leurs églises. Ils sont en terre d’islam, ils sont tolérés. Ils sont en mission au milieu d’une population d’immigrés. Là-bas les émigrés sont dans une très forte proportion Chrétiens du Liban, de Palestine, d’Egypte ou de Syrie. Ils ne sont pas en Ile-de-France comme le Père de Bucy.

MAROUN CHARBEL
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La discussion

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